mercredi 31 octobre 2012

Le burn out maternel

Bon, le sujet que je vais traiter aujourd'hui n'est pas des plus funky, pour la grosse poilade faudra repasser.
Néanmoins c'est un sujet qui me tient à coeur et qui est trop souvent négligé.

Le burn out maternel aka épuisement chronique des mamans touche beaucoup de femmes et, même si certains journalistes commencent à en parler depuis quelques temps, la couverture médiatique reste assez minimaliste à ce sujet.

En ce qui me concerne, j'ai flirté allègrement avec lui quelques temps.
Tantôt au bord de la crise de nerfs, tantôt épuisée moralement, tantôt lessivée physiquement, j'ai dû me rendre à l'évidence: j'étais en train de devenir une autre que moi-même.
Une autre, oui, c'est à dire que je ne me reconnaissais plus, moi la maman adepte des philosophies telles que la CNV (communication non violente), fervente opposante aux châtiments corporels et bien je passais mon temps à crier, hurler et il m'est même arrivé de donner des fessées à mon fils (parce que oui, la fessée est un châtiment corporel).

Autant dire que TOUS mes principes éducatifs en prenaient un sacré coup!

...Sauf que, de la théorie à la pratique il y a un gouffre, surtout en matière d'éducation, et plus encore quand, à bout tant nerveusement que physiquement, votre petit Zébulon en plein Terrible Two vous pousse dans vos derniers retranchements.
A bout donc... Comme beaucoup de femmes, comme certaines amies chères à mon coeur.

Et puis je me suis dit que ça ne pouvait pas continuer comme ça, que la maman que j'étais en train de devenir  ne me correspondait pas... Du tout!
Que j'étais en train de bafouer toutes les valeurs que je voulais transmettre à mes enfants.
Que pernicieusement, une mauvaise dynamique était en train de se mettre en place (les cris appelant les cris).

Pire encore, parfois, je me faisais peur à moi-même tant je ressentais des bouffées de violence complètement démesurées.
En effet, même si je ne suis jamais passée à l'acte, dépourvue que j'étais devant ce petit garçon plein de vie en pleine phase d'opposition, épuisée et terriblement seule face à tout cela, je ressentais parfois une violente pression monter en moi, pression qui me donnait envie de lui faire mal.
Mais bordel, qu'étais-je en train de devenir?
Assurément une maman à bout de souffle...
Fort heureusement, ce ne sont restées que de vilaines pensées, mais rien que le fait de ressentir de telles bouffées de violence, si furtives soient-elles, et bien ça fait tout drôle après coup...
Vous y repensez et vous vous dites que vous n'êtes rien qu'une affreuse mère, indigne des 2 magnifiques enfants qu'elle a mis au monde... Et vous culpabilisez (pour changer!)...

Bref, quand on en arrive là, il est temps d'agir, de chercher des solutions et de trouver de l'aide avant que cela n'empire.

Parce que non, dire que l'on a besoin d'aide n'est pas une preuve de faiblesse mais au contraire une preuve de courage et d'intelligence.

Demander de l'aide c'est accepter le fait que nous ne sommes pas infaillibles, que nous ne sommes pas des robots mais des êtres humains. Tout simplement des êtres humains!
Avec nos failles, nos faiblesses, nos hauts et nos bas.


L'aide vous pourrez la trouver auprès de votre médecin, de la PMI de votre quartier, de votre famille, de vos amis, de votre mari... Qu'importe, du moment que vous soyez entendue, comprise et qu'ensemble vous évoquiez des pistes pour changer les choses.

Alors qu'elles peuvent être ces pistes me demanderez-vous?

- avant toute chose il faut que votre entourage prenne la mesure du surmenage dont vous souffrez et qui bouffe  votre quotidien (et celui de vos enfants par ricochet... Et oui, on le sait tous, ces p'tites têtes sont de véritables éponges à émotions, si vous allez mal, ils ne pourront pas aller bien CQFD),

- une fois que vous serez prise au sérieux et que votre mari, et/ou famille, amis etc auront percuté, il sera nécessaire que vous preniez du recul, quitte à quitter la maison quelques temps et ce, afin de vous recentrer sur vous-même (et de vous reposer, cela va sans dire!),

- si vous n'avez pas la possibilité de partir quelques temps pour faire un break salvateur, il est important que vous arriviez à vous aménager des plages horaires RIEN que pour VOUS dans la semaine. Et oui, être égoïste quelques heures par semaines peut vous sauver une femme (et donc sa famille!),

- par ailleurs, si votre médecin le juge nécessaire, il pourra vous prescrire une aide médicamenteuse de type anxiolitique.
Pour tout vous dire, moi qui n'ai pour le moment pas la possibilité de m'aménager ne serait-ce qu'1h dans la semaine rien que pour moi (et encore moins celle de quitter mes enfants quelques jours!), et bien la prise d'un cachet de façon ponctuelle m'aide à monter moins vite dans les tours. Il s'agit pour ma part d'une prise occasionnelle et sur une courte durée.
(fût un temps j'aurais fumé un gros pét' pour m'aider à me calmer mais cette période est révolue! Et c'est pas plus mal parce que je ne suis pas sûre qu'un gros bad trip toute seule chez moi le soir me serait d'une grande aide!)  ;-)
Non, blague à part, la prise ponctuelle de cette "béquille chimique" quand je sens que je suis bien à bout du rollmops m'aide à me détendre un tant soit peu.
Attention, seul votre médecin jugera utile ou non de vous prescrire une aide médicamenteuse, mais je tenais à rappeler qu'il n'y a aucune honte à y avoir recours en cas de besoin!


Et puis sinon au quotidien, n'hésitez pas à vous rendre dans des relais parents-enfants ou tout autre manifestation de ce type. Sortez, rencontrez du monde, d'autres mamans!
La solitude et l'isolement ne mènent à rien de bon et surtout ce sont bien souvent des "symptômes" (parmi tant d'autres) du burn out.

Parler à des adultes et échanger avec d'autres mamans pour se rendre compte que non, contrairement à tout ce que l'on veut nous faire croire: la maternité ce n'est pas QUE du bonheur. 

C'est certes du bonheur, beaucoup de bonheur mais aussi des sueurs froides, des angoisses, des prises de tête, des remises en questions permanentes, des échecs, de la frustration, bref, je vais pas vous faire la liste, on y passerait la nuit mais NON, ce n'est pas QUE du bonheur...
Et si jamais vous rencontrez des mamans qui vous soutiennent le contraire,
"que non, non, non, non, non, ELLES elles n'ont absolument AUCUN problème avec leur douce et si sage progéniture, que tout roule, que c'est un régal de chaque instant"
et bien fuyez-les: ce ne sont rien que de viles menteuses: (ou des connasses, au choix!).


Voilà, c'est un petit billet sans prétention qui ne changera pas vos vies mais qui, je l'espère,vous rassurera car le burn out maternel n'est une tare!
 Les meilleures d'entre nous y sont passées et surtout ce n'est pas irrémédiable, ça finit par aller mieux, pour peu que l'on soit écoutée et entourée.
La solitude et l'isolement sont les pires ennemis des mamans...!

Je vous embrasse fort mes P'tites Cailles!
Et surtout ne VOUS oubliez pas!
Prenez soin de vous, c'est la meilleure façon de prendre soin(s) de votre famille!


Sur ce je vais prendre mes gouttes et ranger la maison dévastée par l'ouragan Mr Zébulon qui a sévi pendant la rédaction de cet article...

Zen, soyons zen! <3




11 commentaires:

  1. <3 <3 pleins de bisous,

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  2. Que dire de plus

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  3. Tu as absolument tout dit ma belle. Cet article fait tout simplement du bien à lire, je pense que chaque maman, sans nécessairement atteindre le bout, se reconnaîtra un peu ( ou beaucoup) dans ces quelques lignes.

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  4. courage courage !!
    je conseille avec ferveur euphytose ou spasmine, des cachets aux plantes valerianne etc qui calment enormement les nerfs, sans prescription medicale et sans danger.
    et puis des cures de magnesium, et nourrir ses yeux et son coeur de belles choses, de belles images, bisous.

    Eleftéria.

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    1. Oh très bien merci je prends note!
      J'irai voir tout ça à la pharma cet aprem'.
      Après les plantes en général ne me font pas grand effet mais comme tu le dis c'est sans danger, donc au mieux ça me fait du bien, au pire ça ne change pas grand chose.
      Je n'ai donc rien à perdre à essayer, bien au contraire!
      Je vais tenter, on verra bien et je te redirai ce que ça a donné sur moi!
      Merci pour ce gentil com' en tous cas!

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    2. Tellement vrai... Ça fait du bien de se sentir moins seule ! Bon courage...

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    3. Merci beaucoup!
      Si ce modeste tout-petit-jeune blog peut permettre à d'autres Mamans de se sentir moins seules, de moins culpabiliser, de relativiser et prendre du recul, de se dire que NON ce n'est pas tout rose, que la maternité n'est pas qu'arc-en-ciel et pets de Bisounours alors je suis comblée!
      C'est pour ça que je l'ai crée, pour écrire bien sûr, parce que j'adore ça mais aussi et surtout avec la volonté de partager et d'échanger!
      Alors bon courage à toi Marion, j'espère te "revoir" au fil des billets et des commentaires!

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  5. Super billet ! pas facile effectivement que l'entourage prenne la mesure du défi et très courageux de savoir dire stop et trouver de l'aide. je suis de tout coeur avec toi, et toutes les mamans dont moi pour lesquelles les journées peuvent être hard !

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  6. pandi panda chez les bisounours ça peut être sympa !

    les bisounours chez pandi panda ? ils partent en courant les pauvres....ben oui, c est ça la vraie vie de môman !!!
    ok, pas tjs...mais souvent qd même !!

    ah ces enants d amour qui nous ravagent...d amour aussi !

    bisouilles ma pouille
    anonymA2

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